Il est des jours où les mots polis échouent. Des jours où les circonvolutions du langage deviennent des paravents dérisoires face à l’évidence brute. Aujourd’hui est de ceux-là.
“C’est de la merde.” Formule triviale, dira-t-on. Vulgaire, sans doute. Mais qu’est-ce donc que la vulgarité, sinon la franchise arrachée aux hypocrisies convenues ? Ce cri est l’ultime refuge de la lucidité lorsque toute nuance devient mensonge.
Car nommer, c’est déjà juger. Et juger, c’est prendre position dans un monde saturé de demi-vérités. Il est des œuvres, des idées, des systèmes même, qui ne demandent pas l’analyse mais le rejet. Radical. Entier. Salutaire.
“C’est de la merde”, alors, n’est pas une insulte : c’est un verdict.
Un verdict contre la médiocrité qui se pare de profondeur. Un verdict contre le vide qui se déguise en complexité. Un verdict contre l’injustice qui s’abrite derrière les procédures.
Ce n’est pas un abandon de la pensée - c’est son point de rupture.
Ainsi, proclamer “c’est de la merde”, ce n’est pas renoncer à comprendre : c’est refuser de cautionner. C’est tracer une frontière nette là où d’autres préfèrent les dégradés confortables. C’est un acte éthique.
Et parfois, il faut savoir le dire. Sans détour. Sans masque. Sans trembler.
C’est de la merde.